La nuit de l'angoisse

Publié le par Anonyme



Il marchait. Sa démarche maladroite, déformée par une crispation nerveuse, effrayait les quelques passants. Les formes noires se mouvaient furtivement derrière lui comme si l'ensemble de la nuit le pourchassait sans faiblir. De rares silhouettes échappaient aux ténèbres ici et là mais vacillaient, plus obscures et profondes que l'ombre elle-même, à la fois plus visibles et indistinctes que le ciel d'encre, lourd et pénible pour les toits rougeâtres des immeubles. Le silence déferlait dans une clameur opaque sur les pavés qui réfléchissaient l'écho d'une angoisse insensible. L'écume bouillonnait dans les eaux tumultueuses d'une fontaine. Des éclairs glacials ou rougoyants couraient le long des murs ne laissant derrière eux que l'empreinte fugitive d'un frisson qui semblait tu au fond d'une fissure. Bientôt, quelque chose, un fracas, une collision, un choc devait tomber. Il accélérait le rythme, tel le marin qui guette les signes de la tempête dans l'air changeant, et combattait la peur à coups de claquements sourds contre le sol.
Courir ? Non. Ce serait hurler. Ce serait montrer la sueur, les battements du coeur, les yeux hagards.
La mort rôdait. Filait entre les gouttes de pluie lourdes. Les traversait, suivie d'un léger halo de rosée creuse. Sifflait, sifflait à ses oreilles.
La mort rôdait à ses côtés.
Comment lutter contre la mort ?
Il s'arrêta brutalement. Ferma les yeux.
Il se retourna.


Encore un petit texte écrit comme ça.
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poete enrage 08/01/2010 15:34


La tension et l'attention sont à leur comble


Bruno 07/01/2010 12:21


Un chemin angoissant parsemés de rêves et de couleurs nuit. Sombre et poignant


Anonyme 07/01/2010 22:25


Merci, la nuit, c'est tout à la fois, le rêve, le secret, l'angoisse, l'invisible,...


lutin 07/01/2010 09:52


et c'est quand on croit comprendre un rêve et que la clef est à portée de main que le réveil survient


Anonyme 07/01/2010 22:24


et qu'il n'y a jamais de vraie révélation juste l'attente et l'angoisse ou le désir de l'après, juste la possibilité constante que tout soit autrement, que chaque mur cache une menace, que derrière
nous, plus rien n'existe, qu'il n'y ait que du noir silencieux qui nous poursuit et nous trompe, on se retourne tout est normal mais on garde le même sentiment. paranoïa pour ce texte ou bien non ?


le bazar de vero 07/01/2010 07:28


Tes textes sont super,tu devrai les faire éditer.
"edilivre" par exemple
Véro: http://creatis.centerblog.net/


Anonyme 07/01/2010 22:22


Merci !