La nuit de l'angoisse
Il marchait. Sa démarche maladroite, déformée par une crispation nerveuse, effrayait les quelques passants. Les formes noires se mouvaient furtivement derrière lui comme si l'ensemble de la nuit le pourchassait sans faiblir. De rares silhouettes échappaient aux ténèbres ici et là mais vacillaient, plus obscures et profondes que l'ombre elle-même, à la fois plus visibles et indistinctes que le ciel d'encre, lourd et pénible pour les toits rougeâtres des immeubles. Le silence déferlait dans une clameur opaque sur les pavés qui réfléchissaient l'écho d'une angoisse insensible. L'écume bouillonnait dans les eaux tumultueuses d'une fontaine. Des éclairs glacials ou rougoyants couraient le long des murs ne laissant derrière eux que l'empreinte fugitive d'un frisson qui semblait tu au fond d'une fissure. Bientôt, quelque chose, un fracas, une collision, un choc devait tomber. Il accélérait le rythme, tel le marin qui guette les signes de la tempête dans l'air changeant, et combattait la peur à coups de claquements sourds contre le sol.
Courir ? Non. Ce serait hurler. Ce serait montrer la sueur, les battements du coeur, les yeux hagards.
La mort rôdait. Filait entre les gouttes de pluie lourdes. Les traversait, suivie d'un léger halo de rosée creuse. Sifflait, sifflait à ses oreilles.
La mort rôdait à ses côtés.
Comment lutter contre la mort ?
Il s'arrêta brutalement. Ferma les yeux.
Il se retourna.
Encore un petit texte écrit comme ça.
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