La poésie

Publié le par Anonyme

Il suffit de lire le monde comme on lit la poésie

Et tout est justifié


Même l'absence

 


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Publié dans Pensées

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C
<br /> Je trouve ce texte-ci est d'une clarté et d'une fluidité remarquable ! Je vous rejoins sur toute la ligne - l'insensé général, une façon de lire le monde, l'inévitable déformation de notre besoin<br /> de sens, ainsi que l'absence qui se rend présente sans perturber l'ensemble - et j'aime beaucoup cet éclairage. Vous seule saurez s'il faut changer ce terme, je dirais que non maintenant, il n'y a<br /> sans doute pas de terme juste, mais un grand nombre possible de lectures et de ressentis...<br /> <br /> Je me sens très proche de ces pensées et perceptions dont vous témoigner ici.<br /> Merci pour cette dense et longue réponse !<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Je trouve cela intéressant: j'ai été immédiatement séduit, au sens d'emporté, par ces quelques mots, fortement; puis quelques secondes ont passé, j'ai lu les autres commentaires et je suis revenu à<br /> tes mots; et alors j'ai tiqué sur ces deux-ci: "tout" et "justifié". Dans le premier temps, j'ai saisi sans analyse et j'ai cru comprendre très bien, trop bien (?), du moins j'ai été ramené à un<br /> vécu très intime et très précieux; et dans le deuxième, la raison s'est mise de la partie et a comme détruit l'harmonie dans laquelle je me trouvais auprès de votre parole, elle m'a dit quelque<br /> chose comme "tout n'est pas juste, même en état de poésie, il y a des aberrations et des violences qui restent en horreur"... pourtant il est vrai qu'en poésie c'est la beauté qui l'emporte le plus<br /> souvent et voile les nuits d'une aura enchanteresse - et en cela peut-être représente-t-elle un risque... Il n'en reste pas moins que j'aime beaucoup cette allusion ------- oulah me suis emporté !<br /> je n'aime pas ma raison qui pinaille, mais j'ai eu le sentiment que ces impressions mélangées pourraient vous intéresser (entre-aperçu votre quête autour de la littérature).. Merci pour votre<br /> message !<br /> <br /> <br />
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A
<br /> Je comprends bien votre message, et voudrais y ajouter que par "justifié", je n'entendais pas "juste", disons que des "horreurs" et "aberrations" existent bien, mais qu'en un sens, la poésie les<br /> justifie, c'est-à-dire les rend tout à fait présentes non pas comme un phénomène en dehors de tout ce qui est bien justifié, mais avec cet ensemble. Après, peut-être que le terme de "justifié"<br /> n'est effectivement pas le bon, mais en fait, il s'agit bien de "lire" le monde, autrement dit de faire de chaque élément un signe à interpréter, mais comme c'est évidemment une démarche qu'on peut<br /> qualifier de mauvaise compte tenu de l'insensé général du monde, il faut comprendre que la lecture n'est alors qu'une déformation qu'on a tendance à faire, en cherchant toujours à donner un sens à<br /> toute chose. Mais à nouveau, c'est réduire la lecture de la poésie à une simple explication de texte, en oubliant ainsi la dimension d'étrangeté première du texte, sa rapide familiarité, son<br /> évocation indéfinissable et sa perception très intime. C'est pour cela, qu'il suffit de lire le monde, comme on lit la poésie, sans chercher trop à le comprendre, à lui donner une vérité absolue,<br /> mais plutôt en étant sensible à tout ce qui le compose, et à garder le sentiment que justement, tout ce qui le compose est justifié parce qu'il le compose. Et que l'absence elle-même soit<br /> justifiée, c'est l'idée que finalement, comme dans la poésie, on voit enfin, ce qui est, mais aussi ce qui n'est pas, l'absence, le silence, que trop souvent on oublie d'entendre. Je ne sais pas si<br /> j'ai éclairé mon propos, mais votre remarque est tout à fait "justifiée" en rapport avec l'emploi de ce terme, peut-être faudrait-il le remplacer ou le préciser, "tout est justifié", tout<br /> et rien est justifié, parce que révélé, justifié, parce qu'on ne conçoit pas que ça n'ait pas existé, c'est plus un phénomène quasi-inconscient qu'une justification morale que je voulais montrer.<br /> <br /> <br />
S
<br /> Une phrase qui fait écho en moi.<br /> Comme beaucoup de choses ici. De l'illustration de Camille aux mots d'Eluard, jusqu'à cette description que j'aurais pu faire mienne "Moi : "Confus et aphasique" ; le reste du temps, ce n'est plus<br /> moi." et qui de fait m'arrache un large sourire.<br /> <br /> Merci pour ce bel instant passé chez vous.<br /> <br /> <br />
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A
<br /> Merci à vous ! Au passage, la formule du "moi confus et aphasique" provient de l'ouvrage remarquable de Julien Gracq, En lisant, en écrivant.<br /> <br /> <br />
M
<br /> Ces mots me touchent profondément...<br /> <br /> <br />
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A
<br /> J'ai l'impression parfois que l'écriture, comme la lecture nous font progresser chaque jour, et je découvre petit à petit ce que me semble être la poésie, et l'écriture en général, je suis touchée<br /> par tes commentaires même si je n'ai pas toujours le temps de répondre à tous et je m'en excuse.<br /> <br /> <br />